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Une ”élite” moralement défaite, intellectuellement colonisée et techniquement incompétente a, durant si longtemps et en miroir d’elle-même, dépeint et de fait traité les Algériens comme des brutes inciviles, violentes et politiquement...

L’élite qui gouverne

Une ”élite” moralement défaite, intellectuellement colonisée et techniquement incompétente a, durant si longtemps et en miroir d’elle-même, dépeint et de fait traité les Algériens comme des brutes inciviles, violentes et politiquement adolescentes, dans la continuité des tropes orientalistes et coloniaux. Une ”élite” qui, ayant ingurgité toutes les leçons de son maitre, a internalisé sa sujétion coloniale à un tel point qu’elle ne peut donner sens à elle-même et à son existence qu’à travers le regard de son ancien maitre colonial. Une ”élite” souffrant d’un tel degré d’aliénation qu’elle ne peut voir ses compatriotes qu’à travers le même regard colonial. La Hogra avec laquelle cette ”élite” traite les Algériens ne peut être comprise qu’en réalisant la positionnalité de celle-ci. Ce mépris ne devient intelligible que si l’on prend en compte le fait que ceux qui ont régné sur l’Algérie ne voient les Algériens que du point de vue de Paris, Londres et Washington. Cette attitude imprègne également des franges de l’élite “culturelle” et “intellectuelle” algérienne, qui a joué un rôle clé dans la reproduction de ces tropes orientalistes et coloniaux. Autrement dit, la bourgeoisie nationale algérienne a durant des décennies joué essentiellement le rôle d’une classe politique offshore qui, bien qu’elle puisse être parfois physiquement présente sur le sol algérien, a maintenu ses biens (mal-acquis), investissements, comptes bancaires et foyers spirituels ailleurs. Elle adopte la même attitude extractiviste envers “la patrie” que l’ancienne administration coloniale. Les symptômes morbides de cette psychose se transmettent automatiquement à la vie politique algérienne et se manifestent dans la manière avec laquelle “le pouvoir” (un terme utilisé par les Algériens pour désigner l’élite dirigeante du pays) a traité ses citoyens. C’est précisément cette condition que la révolte populaire vise à soumettre à une action révolutionnaire thérapeutique et réhabilitatrice.

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