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Après 12 semaines de contestation et à un peu plus d’un mois et demi de la date du scrutin, il ne reste que deux choix, aux antipodes l’un de l’autre : répondre aux revendications de la rue et aller vers une vraie transition, ou opter...

Aurons-nous droit à une présidentielle ?

Après 12 semaines de contestation et à un peu plus d’un mois et demi de la date du scrutin, il ne reste que deux choix, aux antipodes l’un de l’autre : répondre aux revendications de la rue et aller vers une vraie transition, ou opter pour la présidentielle, quitte à déboucher sur un président impuissant et effectuer un brusque retour à la case départ. Hélas, cela semble être l’option actuelle, même s’il faudra repousser le scrutin de quelques mois ou semaines et user entre-temps du discours d’apaisement. Le journal El Moudjahid a inclus dans son éditorial des menaces semblables à celles proférées par Ahmed Ouyahia en février dernier lorsqu’il déclarait que « l’Etat a prouvé qu’il pouvait maîtriser la rue ». Parmi les dossiers qui figurent dans l’agenda du gouvernement, le quotidien gouvernemental cite « la quête de mettre hors d’état de nuire tous ceux et toutes celles qui entravent l’aboutissement du processus légal, passant nécessairement par la tenue d’une présidentielle ». Un langage quasi-guerrier qui contredit les appels au dialogue et les promesses d’ouverture démocratique. En effet,  le chef de l’État intérimaire, Abdelkader Bensalah, ne cesse de répéter que le scrutin présidentiel se tiendra comme prévu le 4 juillet, mais la rue et la plupart des partis politiques y sont défavorables. Dans la semaine qui a précédé ce premier vendredi de Ramadhan, les décideurs étaient encore certains que leurs calculs n’allaient pas être faussés. Le chef de l’Etat par intérim s’est adressé à la Nation pour appeler tout le monde à un « dialogue » avec pour unique objet la préparation de la prochaine élection présidentielle qui devrait se tenir « dans les délais », autrement dit le 4 juillet prochain. Abdelkader Bensalah avait surpris tout le monde en s’en tenant à une échéance électorale unanimement rejetée et pour laquelle aucune candidature sérieuse n’a été enregistrée.  Pour les décideurs, le combat n’est pas encore perdu, mais voit son plan tomber à l’eau et il lui sera difficile, voire inutile d’improviser une autre manœuvre puisque le principal enseignement de toutes ces journées de mobilisation historique est que la rue a définitivement signifié que plus rien ne marchera, sinon la satisfaction de sa revendication d’une vraie transition démocratique. Alors que l'issue de ce bras de fer apparaît très incertaine, quelle forme pourrait prendre une éventuelle période de transition ?

  • À propos Amina L.

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