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Paris joue avec le feu…Alger ne lâche pas Tripoli

Le jeu trouble des alliances françaises en Libye

Lybie

Une réunion consacrée à la Libye a eu lieu ce lundi 3 octobre à Paris au ministère des Affaires étrangères. Cette réunion a rassemblé « un certain nombre de pays » dont l’Égypte, le Qatar, les Émirats arabes unis et la Turquie.

L’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, les États-Unis, l’Arabie saoudite, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, Martin Kobler, et la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, auraient également participé, selon RFI. Mais ni la Libye, ni l’Algérie, la Tunisie et la Ligue arabe n’ont été conviées à cette réunion.

Des acteurs-clés exclus de la réunion du Quai d’Orsay

L’Algérie, qui a reçu ce même jour la visite du premier ministre libyen Fayez El Serradj, a réaffirmé son soutien au Gouvernement d’unité nationale libyen. Alger, directement touché par le chaos libyen, entend jouer un rôle de médiateur vers une réconciliation nationale qui réduirait l’instabilité politique et les menaces à la sécurité dans la région.

Selon la Radio nationale, Le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine (UA) et de la Ligue des États arabes, Abdelkader Messahel, a annoncé ce lundi la tenue fin octobre d’une réunion du Comité des cinq avec les pays du voisinage à l’initiative de l’Union africaine (UA) dans le cadre du suivi de la situation en Libye. « Dans toutes les réunions sur la Libye, l’Algérie est, incontestablement, l’un des pays les plus influents », a notamment affirmé ce lundi le chef de la diplomatie libyenne, Mohamed Tahar Siyala, en visite à Alger. Une allusion à l’absence de l’Algérie à la réunion de Paris.

La Ligue arabe, qui souhaite renforcer l’implication des pays arabes dans la résolution du conflit libyen et son rôle de médiateur entre les acteurs politiques du pays, a quant à elle exprimé son « étonnement » de ne pas avoir été invitée à la réunion de Paris.

Début septembre, les médias tunisiens annonçaient une proposition faite par la Tunisie de nominer un représentant spécial du Secrétaire général de la Ligue arabe pour la Libye en vue d’œuvrer au dialogue entre les différentes parties et au règlement de la situation politique du pays.

Mais aucun de ces acteurs-clés dans le développement de la situation en Libye n’a été invité par le Quai d’Orsay.

Le jeu trouble des alliances françaises en Libye 

La réunion au Quai d’Orsay fait suite à la visite à Paris du Premier ministre libyen. Le président français François Hollande l’avait assuré du soutien « très important » de la France au Gouvernement d’unité nationale (GNA). Le président avait également affirmé que la Libye ne devait pas se transformer en « une autre Syrie ».

Mais en dépit des déclarations de François Hollande, la France est fortement soupçonnée d’être alliée sur le terrain avec le général Khalifa Haftar, opposé au GNA et ancien proche du colonel Kadhafi, à la tête de forces armées qui ont récemment repris le contrôle du « Croissant pétrolier».

Cet été, trois soldats français avaient été tués lors d’un crash d’hélicoptère dans l’Est de la Libye. Le GNA avait alors exprimé son « profond mécontentement » quant à la présence militaire française sur le territoire libyen sans coordination avec le Conseil présidentiel libyen.

Le gouvernement français, ainsi que le porte-parole du général Haftar, avaient affirmé que ces soldats faisaient partie d’une mission de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française visant à recueillir des renseignements sur l’État islamique dans la région. Pour Virginie Colombier, chercheuse à l’European University Institute citée par Médiapart, « tout cela est très obscur » et la lutte contre l’État islamique est un « prétexte » à une présence militaire de la France aux côtés du général Haftar.

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Une attitude qui risque de faire beaucoup de bruit! La France, vivement critiquée d’avoir déployé des soldats en Libye, a convoqué une réunion internationale sur la Libye à Paris en négligeant un pays qui devrait inéluctablement prendre part, en l’occurrence l’Algérie.

Ce pays qui continue jusque-là de déployer tant d’effort, compte tenu de son poids dans la région,  en vue de parvenir à une solution à la crise libyenne qui n’a que trop duré.

En dépit de son implication dans la résolution de la crise, de son influence sur les tribus et les politiques de ce pays, Paris n’a pas visiblement pas jugé utile d’inviter l’Algérie à cette réunion internationale consacrée à la question libyenne, en préférant en revanche convier des pays lointains de la Libye, certes impliqués dans le dossier libyen (…), à l’image de la Turquie, le Qatar, les Emirats arabes unis (EAU) et la voisine l’Égypte.

Interrogé lundi par des journalistes sur la non-invitation de l’Algérie, un responsable du ministère français des affaires étrangères a refusé de répondre à la question faute d’informations.

En effet, cette démarche ne peut être interprétée que par l’intention de la France de priver l’Algérie de jouer un rôle dans la résolution de la crise libyenne, étant donné l’Algérie est considérée comme la pierre d’achoppement des plans français dans la région, notamment en Libye.

D’ailleurs, Alger s’est ouvertement opposé à Paris après avoir impliqué l’alliance atlantique (OTAN) dans l’intervention militaire en Libye.

Une attitude qui a été saluée finalement au vu des répercussions de cette action militaire sur l’Algérie, le Maghreb, le Sahel et le Sahara.

Ne voulant pas assister en spectateur à ce qui mijote à Paris à propos de la crise libyenne, les autorités algériennes ont agi le jour-même où se tient la réunion en invitant le président du conseil présidentiel du gouvernement de l’entente nationale de Libye, Fayez El Sarraj.

Lors de cette visite, le responsable libyen a eu des entretiens avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le ministre des Affaires maghrébines, de l’UA et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel ainsi que le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui portant sur les « derniers développements de la situation et les efforts en cours dans le cadre du règlement politique de la crise en Libye », a rapporté l’APS.

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