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Phénomène social/ Quelques 300 000 malades mentaux errent dans les rues des grandes villes

Phénomène social/ Quelques 300 000 malades mentaux errent dans les rues des grandes villes

Ils sont quelques 300 000 malades mentaux à errer actuellement dans la capitale et les autres grandes villes du pays. Dépassant la soixantaine dans la majorité des cas, ces malades, livrés à eux-mêmes, sont victimes du désengagement de leurs familles et du déficit abyssal en prise en charge médicale.   

Interrogé par le Huffpostmaghreb, le professeur Mohamed Tedjiza, chef du service psychiatrie à l’hôpital Drid Hocine, a fait part de statistiques effarantes: quelques 300 000 malades mentaux errent dans les rues hostiles des grandes villes algériennes.

Le professeur Mohamed Tedjiza n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer la situation de précarité extrême dans laquelle vivent ces malades, dont un tiers serait  âgé de 60 à 90 ans, en majorité atteints de la maladie d’Alzheimer.

Pour lui, le vieillissement de la population, l’accroissement de l’espérance de vie et l’intolérance des familles vis-à-vis des malades mentaux seraient les principales causes de cette situation. Selon le praticien, environ 20% des malades mentaux sont abandonnés par leurs familles alors que les capacités d’accueil dans les structures spécialisées sont insignifiantes.

Ce que tente d’expliquer le médecin, c’est que le sort de ces personnes instables est tributaire du comportement d’une société qui a déjà prouvé son désengagement et d’un système de santé souffrant d’un manque chronique de moyens et d’institutions spécialisées.

Le personnel soignant exerçant à l’hôpital psychiatrique Mahfoud Boussebsi de Cheraga, à Alger, affirme que la majorité de ces malades rechutent après avoir été soignés. La cause serait, selon eux, l’absence totale de suivi, résultat de l’inexistence d’un accompagnement familial.

Dans la rue, certains de ces malades deviennent violents et peuvent constituer un danger.  Pour les médecins, soigner ces cas devient contre-productif à moins de les interner, chose impossible au vu du manque de structures spécialisées.

Massi M.

 

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